Présidents d’honneur

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Michael Chabon

En 1988, son premier texte Les mystères de Pittsburgh était resté douze semaines sur les listes des best-sellers. Ses romans, recueils de nouvelles, livres pour la jeunesse, scénarios, en ont fait un auteur de tout premier plan. Après Des garçons épatants, adapté au cinéma sous le titre Wonder Boys, par Curtis Hanson, avec Michael Douglas, Chabon s’inspire des récits et comics de son père pour Les extraordinaires aventures de Kavalier et Clay, la saga de deux cousins juifs new-yorkais, créateurs de superhéros au début des années 1940, couronné par le prix Pulitzer en 2001. La solution finale, Le Club des policiers yiddish, Les Princes vagabonds, Telegraph Avenue ou, plus récemment, Moonglow : l’oeuvre de Chabon embrasse et détourne les codes de la pop culture (comics, aventure, polar) tout en traitant de la création, de géopolitique, de judéité, d’homosexualité et du rapport fiction/ réalité. De grandes fresques, virtuoses et décalées, comme seuls savent en faire les Américains.

Dans son dernier roman, Moonglow, traduit en Français l’an dernier, un petit-fils recueille des secrets concernant l’enfance de son grand-père mourant : l’armée et la guerre en Europe, la NASA, la conquête spatiale, et son amour pour une Juive française.

En 2017, avec sa femme Ayelet Waldman, il publie Un Royaume d’olives et de cendres, recueil écrit par vingt-six auteurs associés à l’ONG israélienne « Breaking the Silence », avec le projet de témoigner de l’intérieur du quotidien dans les territoires occupés. Par ce souci de la réalité humaine du conflit israéloarabe, il s’inscrit pleinement dans notre thématique, «No(s) futur(s)».

Boualem Sansal

Boualem Sansal est l’une des voix littéraires les plus importantes de son pays, l’Algérie. Né dans un petit village, il se destinait d’abord à devenir ingénieur et économiste. Il a notamment travaillé comme haut fonctionnaire au Ministère de l’Industrie. Mais ses positions critiques à l’égard du pouvoir ont contribué à le mettre en marge. Il prend alors le chemin de l’ériture, avec un premier roman, Le Serment des barbares. Depuis lors, sa plume ne connaît pas de répit. Tant ses nouvelles que ses romans (Le village de l’Allemand, Rue Darwin, 2084) ou ses essais (Gouverner au nom d’Allah : islamisation et soif de pouvoir dans le monde arabe, L’impossible paix en Méditerranée) l’imposent comme un écrivain engagé, qui ne craint pas de dénoncer l’obscurantisme, la dictature, les ravages de l’extrêmisme religieux ou l’aveuglement de l’Occident. Le Train d’Erlingen ou la Métamorphose de Dieu (Gallimard) s’inscrit clairement dans cette veine politique et métaphorique. Un roman étonnant qui pose aussi la question de la transmission aux prochaines générations : le futur est-il compromis ou un sursaut d’espoir viendra-t-il de la jeunesse ?

Après Asli Erdogan, également condamnée dans son pays, la Foire met à nouveau à l’honneur cette année un écrivain qui se bat pour ses idées, pour la liberté d’expression et pour la puissance de la littérature.