Le livre au cœur du pire
À première vue, tout semble opposer ces deux livres. L’un relève du polar, l’autre du roman classique. Pourtant, Pulixi comme Schlesser placent la littérature, leur passion pour l'histoire de l'art et l'examen de la profondeur humaine au cœur d’une résistance douce face à l’effondrement du réel. Ce face-à-face offre un temps de respiration dans la programmation ; il rappelle que "défier le futur" passe aussi par la capacité à préserver des lieux, des liens fragiles. Une réflexion sensible sur le livre comme point d’appui. Dans Si les chats pouvaient parler, la librairie, les livres et les félins deviennent des médiateurs inattendus au centre d’une enquête criminelle. Le polar s’y teinte d’humour et de tendresse, rappelant que la culture peut encore faire barrage à la brutalité. De la même manière, Le Chat du jardinier ramène peu à peu au monde, par la poésie et la lecture de grands textes, un homme prisonnier du deuil.
Avec: Piergiorgio Pulixi, Thomas Schlesser