Joseph GAHUNGU
Depuis sa tendre enfance, Joseph GAHUNGU a baigné dans la poésie et ne s’en est plus remis, telle une maladie chronique. Il écoutait autour de lui les pasteurs chanter de manière mélodieuse pour le bétail nourricier, les guerriers s’en donner à cœur joyeux pour le gibier qui allait améliorer leur quotidien, les fermiers s'époumoner pour le fruit de leur dur labeur, les familles pour les naissances, les mariages et les dots.
Sous la tanière parentale, une savoureuse berceuse maternelle aux accents poétiques clôturait le repas du soir et les plus petits tombaient vite dans les bras de Morphée. Cette vie familiale des plus affectueuses lui a encore servi de tremplin vers le noble art du beau mot qui parle aussi bien au corps qu’à l’esprit des initiés.
Plus tard, le poète en herbe grandit, franchit le cap de créer ses propres vers, de les chanter et de les réciter pour mieux s’imprégner de l’art et le transmettre à la postérité.
L’homme de plume radieuse puise la matière partout : chez les passants pressés par le temps et ses contraintes, dans le curieux chant des oiseaux ; en tendant une oreille attentive aux murmures des vagues, au grondement des montagnes, aux mondanités, en plongeant le regard insatiable sur son envoûtant « Pays des Mille et une Collines », « Pays des Grands Lacs Africains », la « Suisse d’Afrique », quand ce n’est pas le «Cœur d’Afrique ».
Cet amour irrésistible pour la poésie a gagné en intensité en fin de sa carrière professionnelle ; lui qui avait accouché tôt de son premier poème, dès l’entame de l’école secondaire.
En 1971, vint au monde son bébé qu’il dédia au sauvetage de la planète terre (« Sauver la planète terre »), inspiré par la foi précoce en la nature, sans se douter que sa prémonition allait se traduire par le changement climatique, ce fléau des temps moderne qui alterne le chaud et le froid et risque d’hypothéquer l’avenir de l'humanité toute entière.
En 2023, sortit son tout premier Recueil de poèmes intitulé: "Semence", car, il venait juste de défricher un champ qui s’avérera vaste; lui dont le compteur affiche à ce jour près de trois cent poèmes d’une diversité thématique qui en dit long sur la fécondité de son cerveau et la maturité de l’homme.
Avec la liberté intellectuelle qu’offre l’âge de la retraite, plus que tout, la poésie est devenue son pain quotidien. L’inspiration est encore présente dans le bien vivre-ensemble, l’humanisme, l’altruisme ; une somme de valeurs sans lesquelles les contemporains courent à leur perte, jure-t-il à qui veut entendre.
Joseph GAHUNGU n’a pas dit le dernier vers, sa poésie non plus ! La vulgariser, la revitaliser pour le plaisir de l’oreille et la beauté du langage ; la faire aimer des jeunes générations sont autant d’étapes qui lui tiennent encore à cœur avant qu’il ne remette définitivement la plume dans l’encrier. Et Dieu seul sait quand pour ce boulimique du beau mot et que tout inspire !